Réunissant les principaux acteurs de la sécurité intérieure, Milipol Paris 2025 accueillera une série de conférences de quatre jours consacrées au thème « Sécurité intérieure et intelligence artificielle ». Du 18 au 21 novembre, experts, chercheurs, praticiens et décideurs se réuniront à Paris Nord Villepinte pour explorer comment l'IA remodèle la sécurité intérieure, les enquêtes, la cybercriminalité et la réponse aux crises.
Publié le 20 octobre 2025 à 1:42 | Modifié le 22 octobre 2025 à 6:32

Pour la première fois, le programme a été élaboré par Sébastien Aguilar, officier de police judiciaire à la préfecture de police de Paris et président fondateur de FORENSEEK. Son point de vue de praticien a donné lieu à un programme riche, conçu pour relever les défis d'aujourd'hui tout en anticipant les opportunités de demain.

 

Mardi : promesses, défis et perspectives

La conférence s'ouvrira le mardi 18 novembre avec une session d'une demi-journée intitulée « L'intelligence artificielle au service de la sécurité intérieure : promesses, défis et perspectives ». Offrant une perspective à la fois européenne et internationale, cette introduction évaluera la manière dont l'IA est intégrée dans les missions de sécurité intérieure. Les discussions porteront sur les avantages opérationnels de l'IA dans les enquêtes et la criminalistique, mais aussi sur les défis liés à la gouvernance, à la formation et à l'éthique.

Les discussions porteront également sur la souveraineté technologique et la gouvernance de l'IA, en examinant les dépendances, les normes de confiance et l'interopérabilité, avec des intervenants de Sopra Steria, de l'Agence nationale pour la sécurité des systèmes d'information et des experts universitaires. Un autre temps fort sera consacré à la loi européenne sur l'IA, premier cadre juridique complet adopté en 2024, qui explorera ses implications en matière de transparence, de responsabilité et de conformité parmi les acteurs publics et privés. La matinée se terminera par un examen des mécanismes de financement de la recherche et de l'innovation, offrant aux parties prenantes des informations pratiques sur les partenariats européens et nationaux qui soutiennent le développement de l'IA.

 

Mercredi : innovation médico-légale et affaires classées

Le mercredi 19 novembre, l'attention se portera sur la criminalité et les enquêtes. La session du matin, intitulée « Criminalité et technologies émergentes : innovations médico-légales, gestion des preuves et nouvelles menaces », présentera l'impact tangible de l'IA et des outils avancés sur les enquêtes criminelles. Les présentations porteront notamment sur l'expérience pionnière de HTX Singapore, où l'IA accélère l'analyse génétique, la reconstitution des scènes de crime et la détection de drogues. Des experts du CNRS, de la gendarmerie française et de l'université de Lausanne partageront leurs innovations en matière de datation des taches de sang, d'enquêtes sous-marines et de reconstitutions en réalité augmentée. La session se terminera par une discussion sur les nouvelles menaces criminelles à l'ère de l'IA, mettant en évidence la manière dont les organisations criminelles exploitent les technologies émergentes et comment les forces de l'ordre peuvent y répondre.

L'après-midi, l'accent sera mis sur « Les enquêtes sur les affaires classées : expertise judiciaire, innovations scientifiques et intelligence artificielle ». La session sera centrée sur l'Unité nationale des crimes en série et non élucidés de Nanterre, en France, le seul centre de ce type, qui coordonne la réouverture des affaires classées depuis longtemps. D'autres exposés porteront sur la généalogie médico-légale, l'analyse de l'ADN et le rôle croissant des conseillers médico-légaux dans l'orientation de la stratégie d'enquête. Les experts examineront également comment le temps, autrefois considéré comme un obstacle, peut désormais faciliter les enquêtes grâce aux nouvelles avancées scientifiques. Les contributions d'INTERPOL mettront en lumière les efforts déployés pour identifier les personnes disparues, tandis qu'un débat final examinera comment l'IA peut aider à construire une « mémoire criminelle » afin d'accélérer l'analyse et de préserver les connaissances collectives.

 

Jeudi : criminalité organisée et preuves numériques

La journée du jeudi 20 novembre débutera par « Criminalité organisée et réseaux criminels : la contribution des données et de l'intelligence artificielle ». Des études de cas démontreront comment l'exploitation des données et l'IA aident à cartographier, anticiper et démanteler les structures criminelles. Des intervenants d'agences françaises et européennes présenteront leurs approches des réseaux de trafic de drogue, tandis que d'autres examineront comment les données multisources – des renseignements open source au suivi financier – permettent une compréhension globale de la criminalité organisée. La session souligne à quel point l'analyse coordonnée des données est désormais essentielle aux opérations de sécurité intérieure.

La session de l'après-midi, intitulée « Cybercriminalité et preuves numériques : nouvelles sources et défis médico-légaux », réunira des enquêteurs spécialisés dans le dark web, des procureurs et des spécialistes en criminalistique numérique. Les thèmes abordés comprendront les méthodes d'infiltration des réseaux criminels sur le dark web, le traçage des flux financiers illégaux via la blockchain et les cryptomonnaies, ainsi que le rôle croissant des appareils et véhicules connectés en tant que sources de preuves. À l'aide de démonstrations en direct et d'études de cas internationaux, la session mettra en évidence à la fois les opportunités et les difficultés liées à la navigation sur le champ de bataille numérique actuel.

 

Vendredi : identification des victimes de catastrophes et intervention

Le programme se terminera le vendredi 21 novembre par « Identification des victimes de catastrophes : coopération, innovation et défis humains ». Cette session d'une demi-journée examinera les exigences complexes de l'identification des victimes dans des contextes allant des catastrophes naturelles et des attentats terroristes aux crises migratoires. Des experts exploreront les mécanismes de coopération internationale en cas de catastrophes de grande ampleur, en s'appuyant sur les enseignements tirés par Interpol et les unités médico-légales européennes.

D'autres discussions porteront sur les difficultés particulières de l'identification dans les contextes migratoires, où les documents et les bases de données font souvent défaut, et sur la contribution des nouvelles technologies telles que l'analyse rapide de l'ADN et la reconstruction faciale pour accélérer le processus. Il est important de noter que la session mettra en évidence le rôle central du facteur humain dans l'identification des victimes de catastrophes, les associations de familles soulignant la nécessité de faire preuve d'empathie, d'apporter un soutien psychologique et de respecter la dignité tout au long des efforts d'identification.

 

Un forum mondial pour une innovation responsable

Pendant quatre jours, Milipol Paris 2025 proposera un programme qui mettra non seulement en avant les avancées technologiques, mais abordera également les cadres éthiques, juridiques et sociétaux nécessaires pour les régir de manière responsable. En réunissant des praticiens, des décideurs politiques et des chercheurs, cette série de conférences offre à la fois une vision prospective et des outils pratiques à ceux qui sont en première ligne en matière de sécurité.

Avec sa forte dimension internationale et son accent unique sur l'intelligence artificielle, le programme de conférences de Milipol Paris 2025 marque une étape décisive dans l'alignement des progrès technologiques sur les impératifs opérationnels et humains.

 

Pour découvrir le programme complet des conférences, rendez-vous sur le site web de Milipol Paris 2025.