Démonstration Milipol Paris Déminage sécurité urbaine

Sécurité des lieux publics – Sécurité urbaine

La sécurité des lieux publics, et plus largement la sécurité urbaine est plus que jamais d'actualité, revêtant différents visages et gangrénant de plus en plus de villes à travers le monde. Lors de Milipol Paris 2021, 97 exposants et plus de 1 200 visiteurs évoluaient dans ce secteur.

La Sécurité des lieux publics – Sécurité urbaine à Milipol Paris

  • Quasi une centaine d'exposants en 2021
  • 1 200+ visiteurs en 2021 (soit 10% du visitorat)
  • 16% des exposants ont sélectionné la sécurité urbaine et des lieux publics comme secteur d'activité ciblé des visiteurs
  • Un secteur représenté aux Milipol Innovation Awards et pendant les conférences, sur des thématiques liées aux caméras de surveillance, à la gestion des flux, à la sécurité des événements, à la gestion de crise, etc.
  • Une multitude de produits :
    • Appareils d'interception et de brouillage
    • Solutions de surveillance (vidéos, salles de contrôle, drones, etc.)
    • Technologies d'observation, d'éclairage et de capture d'images
    • Protection périmétrique
    • etc.

Ils étaient présents en 2022

  • ABELLIOM
  • ACCUWATT TECHNOLOGIES
  • ACLIMA AS
  • AKKUPOINT AG
  • ALLWAN SECURITY
  • AQUILAE
  • ATOS
  • AUTOCLEAR LLC
  • AXIS COMMUNICATIONS
  • AXON
  • AXONE
  • BAAVA BARRIERS
  • BATISEC - POLMIL
  • BCA TEXTIL LTDA
  • BERTIN TECHNOLOGIES
  • BLOCSTOP
  • BRIEFCAM
  • C.B.F. BALDUCCI GROUP
  • CEIA
  • CITINNOV
  • COGES
  • COGNYTE, FORMERLY A VERINT COMPANY
  • CONDOR NON LETHAL TECHNOLOGIES
  • C-RICH CO LTD (KOREA)
  • DALITUB
  • EGIDIUM TECHNOLOGIES
  • ESKA GLOVE REVOLUTION SINCE 1912
  • ETS MORIN
  • EVITECH
  • FALKEN

Article - Insécurité urbaine : les villes du monde tentent de résister

Les rodéos urbains agitent l’actualité en France. La guérilla urbaine sévit en Cisjordanie. L’insécurité urbaine revêt de multiples visages mais ne cesse de gangrener les villes à travers le monde. Le Moyen-Orient et les pays scandinaves tirent leur épingle du jeu. L’Amérique du Sud et l’Afrique accusent un échec cuisant.

Etat des lieux dans le monde

Le dernier rapport de The Economist est revenu sur les villes les plus sures au monde. L’étude s’appuie sur 76 indicateurs dans les domaines du numérique, de la santé, des infrastructures, des environnements et de la sécurité des personnes dans les villes. Copenhague (Danemark), remporte le titre de ville la plus sûre, détrônant Tokyo (Japon), qui occupait la première place du podium depuis 2015. La ville danoise affiche le taux de criminalité le plus bas au monde, loin devant Toronto et Singapour. Considérée comme la ville la plus sûre des États-Unis, New-York se classe 11e. Paris figure à la 23e place. Yangon, Birmanie, est considérée comme la ville la moins sûre du monde. Karachi (Pakistan), Caracas (Venezuela) et Lagos (Nigeria), ne sont pas loin derrière.

Des mesures qui font leur preuve

Les villes doivent aborder la croissance démographique et l’urbanisation de la population. D’ici à 2025, 2 milliards de personnes vivront en ville. À l’horizon 2050, les citadins représenteront près de 75 % de la population mondiale et 2% de la surface terrestre seront occupés par des villes. Les villes doivent donc rester attractives pour attirer les citoyens, le tourisme, et les entreprises, tout en optimisant leurs dépenses et leurs ressources. Pour concilier et accompagner cette croissance urbaine, la sécurité n’est plus une option. Si certaines mesures fonctionnent, il reste encore beaucoup à faire. En France, les deux mesures qui semblent recouvrir les suffrages des élus se basent sur le développement d’une police municipale et le recours aux caméras de vidéo-protection.

La ville de Nice a installé quatre kilomètres de bornes de sécurité et de filins en acier le long de la promenade des Anglais. Des boitiers « anti-Bataclan », directement reliés au centre de supervision urbain (CSU) de la police municipale, sont installés dans les lieux accueillant du public. Géolocalisable et équipé d'un système d'écoute, il permet aux opérateurs d’orienter les caméras de la ville sur le lieu où l'alerte a été donnée et d'y envoyer des forces de polices idoines. Près de 243 bornes d'appel d'urgence sont également installées dans le centre-ville, et 4000 caméras quadrillent la ville sous l’oeil averti des 90 agents qui surveillent la ville. Soixante ans après s'être dotée d'une police municipale, la ville ancrée à droite est la première de France en termes d'effectifs policiers et de vidéoprotection.

A Brest, François Cuillandre, maire et président de Brest Métropole, a lui aussi misé sur le déploiement de caméras de vidéoprotection et la création d’une brigade de tranquillité urbaine. La ville va construire un chenil pour la brigade de Brest à horizon avril 2023 ; le dispositif de vidéoprotection, avec 15 caméras en centre-ville et dans le quartier de Pontanezen, sera opérationnel début 2023.

A Colomiers, la police municipale est également à l’honneur avec pour objectif d’encourager la proximité entre les citoyens et les acteurs de la sécurité. La ville s’est également dotée d’une brigade urbaine de l’environnement afin de lutter contre les incivilités du quotidien. La ville proche de Toulouse compte également 31 caméras dans l’espace public, 70 dans les parkings publics et d’un centre de supervision urbain, piloté par les services municipaux. Enfin Chartres assume la mise en place progressive d'un réseau de vidéo protection (150 caméras aujourd'hui), et d'un Centre de supervision urbain qui augmente la réactivité d'une police municipale aux effectifs renforcés. Si la corrélation entre la baisse des cambriolages dans la ville ne peut être imputée uniquement aux outils technologiques déployés dans et par la ville, mais bien à une politique globale conduite depuis 20 ans, elle n’y est pas totalement étrangère…

Dubaï, a elle aussi fait le choix de la vidéo intelligente afin de réduire la criminalité. Pas moins de 200 000 capteurs et 15 000 caméras ont été installés sur ce territoire grand comme deux fois Monaco. Dubaï met aussi l’accent sur la confiance dans le cyberespace, pour les transactions et de nouveaux services de suivi en temps réel. La Dubai Cybersecurity Strategy sensibilise les habitants et les visiteurs pour une coopération entre le secteur public et privé, une clarification de la législation du cyberespace, notamment dans le pénal, et une architecture de confiance, avec des acteurs fournissant des produits et services conformes aux ambitions de la stratégie Émiratie.

Vers des systèmes plus responsables et intelligents

Alors que la sobriété et les économies d’énergie sont à l’ordre du jour, l’éclairage public, souvent cité comme rassurant et utile en matière de sécurité dans les zones urbaines, revient sur le banc des accusés.
Aussi, pour accorder les deux objectifs et trouver l’équilibre, les systèmes permettant un éclairage intelligent sont de plus en plus utilisés. Le système de détection permet de prévoir l’arrivée d’une personne grâce à sa masse et à sa vitesse de déplacement et donc de déclencher l’allumage d’un lampadaire, qui entraîne ensuite celui des lampadaires suivants. Pour les voitures, dotées de phares, l’éclairage est moindre afin de permettre des économies encore plus importantes. Le recours à l’intelligence artificielle permet enfin d’imaginer de nouvelles compétences et utilités aux caméras de vidéoprotection : des algorithmes permettant de détecter les dépôts sauvages, des anomalies comme une personne évanouie sur la chaussée… sont actuellement en cours de déploiement.

Plus largement ce sont bien les plateformes de coordination et de centralisation qui sont au coeur des attentions. « La centralisation des données de vidéosurveillance et leur traitement intelligent conduisent à des interventions plus rapides et mieux ciblées, à une meilleure connaissance des menaces, à un lien renforcé avec la population. » détaille Thales. Ces solutions innovantes au service de la sécurité publique des grandes villes permet « efficacité et fiabilité des réseaux de vidéosurveillance ; pertinence des décisions dintervention grâce à lanalyse vidéo intelligente ; partage dinformations en temps réel avec la population et harmonisation des dispositifs existants et des différentes agences et services impliqués. » ajoute le groupe.

La sécurité ne se limite donc pas à la surveillance et s’étend notamment, dans le contexte actuel mondial d’émergence de crises multiples, à la prévention des risques comme les catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, etc…). Les plateformes jouent là encore un rôle clé. Véritable atout pour les opérateurs en charge de la gestion de crise à l’échelle d’une ville, d’une région ou d'un pays « elles changent définitivement la donne (…) car elle aide à mieux anticiper, détecter plus tôt, alerter, et prendre des décisions qualifiées afin d'accélérer et de rendre plus efficaces leurs opérations. Elle offre ainsi des capacités de gestion et de protection maximales pour le pays ou la région. » souligne Thales. Nice a par exemple investi dans une plateforme de prévision des risques d’inondations fluviales. Issy-les-Moulineaux utilise l’intelligence artificielle pour développer des outils prédictifs d’aide aux décisions appliquées à la circulation urbaine.

L’Amérique latine s’engage

Figurant parmi les villes les moins sures du monde (pour beaucoup d’entre elles) et confrontées à un flux continu des citoyens d’Amérique latine – d’ici 2050, 85 % de la population d’Amérique latine devrait vivre dans ces centres urbains – et aux problématiques qui l’accompagnent (transports, déchets, énergie, insécurité, etc.), de nombreuses villes du continent ont, de fait, pris le virage de la smart and safe city ces vingt dernières années : apparition de Bogota et Montevideo dans le Top 10 des smart cities mondiales dès 2015, baisse de la criminalité de 56 % à México grâce au partenariat monté avec Thales, installation de plus de 1 800 caméras de vidéosurveillance à Vicente Lopez, ville de 24 000 habitants ou encore la transformation spectaculaire de Medellín. Longtemps considérée comme l’une des plus dangereuses du monde – plus de 4 500 homicides comptabilisés en 1991 – la ville a changé de visage au point d’être désormais citée en modèle pour sa « reconversion » incombant à l’amélioration des transports pour désenclaver les territoires dangereux (train léger), à l'urbanisme social et l’implantation de centres culturels dans les quartiers défavorisés en impliquant les habitants et accent mis sur l’économie de la connaissance avec la création de Ruta N, incubateur de start-up locales et étrangères.

Si les safe cities latino-américaines concentrent leurs efforts, comme leurs homologues en d’autres points du globe, sur les technologies visuelles (vidéoprotection), leur spécificité est une intégration importante de l’audio, utilisé comme un complément précieux et même une alternative aux caméras ou autres capteurs IoT. La ville de Concón au Chili a ainsi mis en place un réseau de caméras réseau de haute qualité et d’autres capteurs avec analyse intégrée et haut-parleurs pour détecter les urgences et envoyer des avertissements à sa population en cas de tremblements de terre et de tsunamis permettant d’aider les autorités à gérer les évacuations d’urgence rapidement et efficacement. Idem à México où 10 000 haut-parleurs peuvent fournir une notification d’évacuation préenregistrée lors de tremblements de terre graves dans les 30 secondes suivant la survenue d’une crise.

Vers une coproduction de sécurité globale

Bien que les villes d’Amérique latine témoignent d’une appropriation réussie du concept de safe city, beaucoup reste à faire. Les centres urbains demeurent fracturés par les inégalités, qu’elles soient de genre, d’âge, ou socio-spatiales et restent, de fait, en proie à une insécurité importante. Un des remèdes pourrait être de bâtir une meilleure synergie entre intelligence artificielle et intelligence collective en impliquant davantage les habitants dans la gestion des problématiques communes, pour atteindre une coproduction de sécurité globale. Ce d’autant qu’en matière de smart city, les citadins latino-américains placent parmi leurs priorités celle d’une meilleure transparence dans la gestion des affaires communes.

Ces attentes comme les enjeux auxquelles font face les villes latino-américaines sont sources d’opportunités. D’ici à 2024, l’Amérique latine devrait investir 660 milliards de dollars sur le sujet.
Le rapport de l’Observatoire de la vie connectée évalue le marché mondial de la ville connectée à 3651,49 milliards de dollars en 2025.

Sources :