CICS

3 questions à... Jacques ROUJANSKY

Jacques Roujansky est le Délégué général du Conseil des industriels de la Confiance et de la Sécurité. Le CICS est l'interlocuteur industriel des pouvoirs publics dans le cadre de la filière industrielle de sécurité et a pour objectif de répondre aux besoins de sécurité de l’Etat et des citoyens.
Il nous parle de la filière industrielle de sécurité.

Jacques Roujansky, CICS Quel est le rôle du Conseil des industries de confiance et de sécurité (CICS) ?

Pour parler d’une voix et peser sur les choix stratégiques de la filière industrielle de sécurité, les industriels se sont regroupés au sein du CICS. Plus exactement les groupements et fédérations industrielles français impliqués dans la sécurité ont fondé en 2013 l’association qui rassemble aujourd’hui 90% de la profession. Le CICS représente ainsi cette industrie de 21 Mds de CA, de 125 000 emplois extrêmement qualifiés, fortement exportatrice et qui regroupe des grands groupes leaders mondiaux sur des segments clés et un tissu très dense de PME dynamiques et innovantes. Son périmètre recouvre les équipements et plateformes, les systèmes électroniques et numériques, la sécurité du numérique, et les services à haute valeur ajoutée afférents.

Au sein du comité de la filière des industries de sécurité (le CoFIS, présidé par le premier ministre), le CICS est l’interlocuteur industriel de l’Etat. Le CICS identifie les intérêts communs de l’industrie afin de déployer une ambition collective et l’appliquer de façon coordonnée sur les volets innovation, investissement, législation et réglementation, normalisation, export et Europe.

Quels sont les enjeux de la filière industrielle de sécurité ?

La filière doit répondre à de nombreux défis : être à la hauteur face aux menaces, détenir les capacités industrielles clés, rester à la pointe technologiquement. Elle doit susciter les politiques publiques nécessaires pour répondre au mieux à la montée des risques et des menaces, dont les plus emblématiques sont le terrorisme et les cyberattaques. Elle doit également préserver la souveraineté, à l’échelle nationale, ou européenne dans bien des cas, des solutions de sécurité et notamment dans le domaine de l’identité et du numérique. Elle doit enfin assurer son développement et accroitre sa performance à l’exportation.

Cela passe par un renforcement de l’action publique visant à fournir les capacités industrielles et opérationnelles nécessaires pour faire de la France un laboratoire mondial des meilleures technologies en matière de sécurité. Une action volontariste doit être menée à plusieurs niveaux : soutien à l’innovation, investissements, défense de la base industrielle et de souveraineté, soutien à l’exportation, gouvernance étatique de la sécurité, coopération européenne. Il s’agit notamment d’investir dans la recherche et innovation, de renforcer les investissements publics et privés dans les solutions technologiques incontournables : documents officiels électroniques et sécurisés de nouvelle génération, solutions de cybersécurité de confiance et labellisées, solutions de biométrie, protection des sites sensibles, mais aussi sécurité urbaine et des grands évènements.

Enfin, les avancées technologiques incessantes et les ruptures demandent que la France impulse une politique européenne ambitieuse pour développer des positions de leader dans les domaines qui vont structurer nos sociétés et générer des milliers d’emplois : la sécurité de l’internet des objets, la sécurité des voitures connectées, la robotique de sécurité, les applications de la Blockchain à la sécurité, le big data, le deep learning, l’intelligence artificielle, et surtout la souveraineté du numérique.

Quelles sont les perspectives pour 2018 ?

La filière a considérablement avancé en 4 ans. Le dialogue stratégique public privé a permis des avancées remarquables parmi lesquelles l’entrée de la sécurité dans les programmes d’investissements et dans les grands thèmes d’application des technologies clés, le lancement de grands démonstrateurs technologiques et opérationnels, le lancement d’une action européenne phare sur la souveraineté du numérique, l’identification des technologies critiques de sécurité.

L’action de la filière ne faiblira pas en 2018. Elle verra entre autres l’adoption d’une politique industrielle et sa mise en œuvre progressive, le lancement d’actions sur la sécurité dans le programme d’investissements d’avenir (PIA3), l’aboutissement d’un travail d’analyse des ruptures technologiques et de marchés pour guider la politique de la filière, la promotion de nouveaux thèmes capacitaires européens. L’étude économique de la filière terminée en 2015 va être pérennisée par la mise en place d’un observatoire porté par le CICS. La filière va également se mobiliser en vue de préparer la sécurité des jeux olympiques de Paris en 2024 pour en faire une vitrine mondiale.

Ce travail dense et ces succès encouragent le CICS à se montrer encore plus actif et ambitieux. Il entend renforcer la filière qui jouit de la bonne dynamique de son marché, dopé par les enjeux de cybersécurité, de mobilité et de protection des citoyens, des entreprises et des infrastructures, et enfin, des atouts de l’excellence française en ce domaine, fruit d’un savoir-faire éprouvé des services opérationnels et de leaders technologiques de premier plan, reconnus en Europe et à l’international.

    

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