Démonstration Milipol Paris Lutte contre le terrorisme

Lutte anti-terroriste – Forces spéciales

Tous les secteurs d'activité couverts par Milipol Paris, et toutes les technologies présentées pourraient être en relation avec la lutte contre le terrorisme tant ce phénomène a pris une importance majeure depuis 2001. En 2021, 229 exposants et 1 100 visiteurs étaient concernés par ce secteur.

La lutte contre le terrorisme et les forces spéciales à Milipol Paris

  • 229 exposants en 2021
  • Presque 1 100 visiteurs en 2021 (soit 9% du visitorat)
  • 40% des exposants ont sélectionné la lutte contre le terrorisme - Forces spéciales comme secteur d'activité ciblé des visiteurs
  • Des conférences thématiques sur la sécurité des grands événements, la lutte contre le financement du terrorisme, l'utilisation des réseaux sociaux dans la propagande terroriste, etc.
  • Un secteur représenté dans toutes les catégories des Milipol Innovation Awards
  • Une multitude de produits :
    • Appareils de transmissions, de communications et de localisation (matériels d'écoute / contre-écoute, brouilleurs, antennes,...)
    • Technologies d'authentification et de surveillance (biométrie, reconnaissance faciale, scanners, détection de contrefaçons, protection périmétrique, optique, caméras,...)
    • Cybersécurité
    • Véhicules, blindage, drones et robotique
    • Équipements (textiles, camouflage, équipements de protection individuels, armement,...)
    • Solutions pour les premiers secours, soutien logistique
    • Etc.

Article - Lutte contre le terrorisme : un combat de longue haleine

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 qui ont marqué l’entrée dans la « guerre contre le terrorisme », l’ensemble de la planète est concerné par ce mode d’action visant à « créer un climat d'insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système »[1]. Alors, comment gagner cette guerre asymétrique qui secoue la communauté internationale depuis de nombreuses années ?

Une menace prégnante

Selon les pays, la menace terroriste est plus ou moins présente. Le retour des Talibans au pouvoir en Afghanistan, les exactions de l’Etat islamique en Irak et en Syrie et la présence d’autres groupes armés terroristes mettent le Moyen-Orient dans une position inconfortable. 
Sur le continent africain, le nombre de groupes terroristes ne désemplit pas. Al Qaida au Maghreb Islamique, le Groupe de soutien à l'islam, l’État islamique en Afrique de l'Ouest, Boko Haram ou encore la Katiba Macina en sont quelques exemples. Sur la seule période du 1er avril au 30 juin 2022, 317 civils ont été tués, 73 enlevés/disparus et 77 blessés au Mali[2]. Depuis 2017, le nord du Mozambique est également le théâtre d’une insurrection islamiste meurtrière ayant conduit à la mort d’au moins 3 000 personnes et le déplacement de plus de 800 000 autres[3].
En Europe, la menace est de moins en moins présente mais ne doit pas être passée sous silence. Selon le dernier rapport d’Europol, en 2021, le Vieux-Continent a été la cible de 15 attentats déjoués ou non contre 57 l’année précédente. La France reste le pays le plus visé avec 4 attentats déjoués et un ayant conduit à la mort d’une fonctionnaire de police à Rambouillet. La menace a évolué en France comme en Europe passant de la réalisation d’attentats de grande ampleur planifiés à l’étranger à l’instar des attentats du 13 novembre à des attentats perpétrées par des personnes isolées, souvent radicalisées en ligne, nécessitant peu de logistique à l’image de l’attentat ayant visé Samuel Paty en 2020. Si la menace djihadiste reste le premier point d’attention des services de renseignement, celle liée au terrorisme d’extrême-droite émerge en Europe. Selon Jean-Yves Camus, politologue, codirecteur de l'Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean-Jaurès, environ 3 000 personnes seraient aujourd’hui proches des mouvements d’ultra-droite en France, chiffre qui monte jusqu’à 12 000 personnes en l’Allemagne[4]. Leurs projets d’attentats en reste au stade embryonnaire mais, cette menace ne doit pas être négligée.

Le recours aux nouvelles technologies : solution miracle ?

Certaines nouvelles technologies ont été développées avec l’objectif de lutter contre le crime et le terrorisme à l’international. Les industriels, de plus en plus innovants, ont développé un drone, depuis quelques années déjà, appelé « frelon noir » mesurant une dizaine de centimètres, pesant 20 grammes, ayant une autonomie de 25 minutes et allant jusqu’à 18 kilomètres/heures. Utilisé par une trentaine d’Etats, ce drone mène des missions de reconnaissance afin d’éviter une prise de risque supplémentaire de la part des forces de l’ordre présente. La France a investi à hauteur de 77 millions d’euros dans cette technologie.
Le big data pourrait être également une partie de la solution permettant d’exploiter rapidement toutes les traces qu’une personne a laissé sur internet, tâche impossible à réaliser pour un humain. Des algorithmes sont ensuite chargés de recouper les milliers voire millions d'informations afin de détecter une activité en ligne potentiellement suspecte.
Le laboratoire de sciences informatiques et d’intelligence artificielle (CSAIL) du MIT a développé « un logiciel qui utilise les variations d’un signal wifi pour reconnaître les silhouettes d’humains à travers un mur »[5] évitant ainsi les potentielles victimes collatérales lors d’une intervention. L’OTAN a récemment développé un dispositif novateur, DEXTER, axé sur la détection des explosifs et armes à feu dans les lieux très fréquentés à l’image des gares, stations de métro ou encore des aéroports. Les trois technologies faisant partie de DEXTER seront capables « de repérer à distance et instantanément parmi la foule les personnes qui portent des armes à feu ou des explosifs. Le dispositif permettra d’aller plus loin encore que les systèmes en place et de détecter ces menaces discrètement, sans devoir procéder à des contrôles aléatoires de passagers ni avoir recours à des postes de contrôle »[6]. L’OTAN s’est basé, pour la mise en place de ce dispositif, sur les toutes dernières innovations en matière de capteurs, d’intelligence artificielle et de technologies de détection.
Un prototype a notamment été testé avec succès pendant un mois dans une station de métro de la ville de Rome.

Les pays les moins équipés en termes de nouvelles technologies pour la lutte contre le terrorisme ont également cherché des solutions. Ainsi, le Burkina Faso, le Togo et le Niger ont commandé des drones turcs Bayraktar TB2, peu coûteux. Mais, pour Akram Karief, journaliste spécialiste des questions de défense, leur acquisition ne pourra « être déterminante » dans la lutte contre le terrorisme en raison de la nature des groupes et de leur adaptabilité[7].

Les nouvelles technologies peuvent être une partie de la réponse à la lutte contre le terrorisme, mais seules, elles ne peuvent gagner cette guerre de longue haleine.

La nécessaire formation des forces de sécurité

L’humain reste, inévitablement, au coeur de la lutte contre le terrorisme. Et, les institutions internationales se sont emparées du sujet afin de former au mieux les agents des forces de sécurité à cette lutte. Dans ce contexte, le programme de travail pour la défense contre le terrorisme de l’OTAN est proactif. Il propose, pour les pays membres de l’Alliance « des exercices, [...] la mise en place d’équipements, de formations et de processus de retour d'expérience, ainsi que des démonstrations dinteropérabilité»[8] mais aussi une formation au risque NRBC.

Le Bureau Programme des Nations unies de Lutte contre le terrorisme et Formation de Rabat a débuté, en septembre dernier, une formation pour 24 participants issus de 6 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Tchad, Mali, Nigeria et Sénégal). Les élèves représentent des institutions du maintien de l’ordre de leur pays et ont pour objectif de renforcer leur capacité et développer « des compétences dans le domaine de la lutte antiterroriste, notamment en matière de sécurité, d’enquêtes et de poursuites, de gestion des prisons et des frontières, de désengagement, de réhabilitation et de réinsertion »[9]. Sans ces programmes, les forces de sécurité ne pourront se battre à armes égales contre un ennemi furtif, doté d’une forte capacité d’adaptation…

[1] Larousse
[2] Note trimestrielle des tendances des violations et atteintes aux droits de l’homme au Mali, MINUSMA, août 2022
[3] Chris Huby, "Mozambique : et les islamistes s’installèrent !", Le Point, 2 juin 2022
[4] Violences d'ultra-droite : la nouvelle menace ?, France Culture, 16 août 2022
[5] Big data, drones, reconnaissance faciale : les nouvelles technologies face au terrorisme, Ca m'intéresse, 18 février 2022
[6] Démonstration d’une nouvelle technologie pour la lutte contre le terrorisme dans des lieux très fréquentés, OTAN, 27 mai 2022
[7] L’Afrique de l’Ouest utilise de plus en plus de drones contre les groupes terroristes, RFI, 21 septembre 2022
[8] La lutte contre le terrorisme, OTAN, 16 aout 2022
[9] Mohamed El Hamraoui, "UNOCT. Rabat abrite une formation sur les techniques d’investigations antiterrorisme", Le Courrier de l'Atlas, 6 septembre 2022